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	<title>lettre de la magdelaine</title>
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	<description>Les lettres tiennent du journal de lectures ; elles traitent de la litt&#233;rature comme question &#8212; et de ses bords : arts, philosophie, psychanalyse, au-del&#224; de l'actualit&#233; de la parution des livres.
Ronald Klapka</description>
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		<title>lettre de la magdelaine</title>
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		<title>&#171; Des choses absolument folles &#187;</title>
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		<dc:date>2012-06-17T04:39:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Klapka</dc:creator>


		<dc:subject>Nancy, Jean-Luc</dc:subject>
		<dc:subject>Bident, Christophe</dc:subject>
		<dc:subject>Blanchot, Maurice</dc:subject>
		<dc:subject>Cohen-Levinas, Danielle</dc:subject>
		<dc:subject>Hunault, Claudine</dc:subject>
		<dc:subject>Fierens, Christian</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;17/06/2012 &#8212; Maurice Blanchot, Claudine Hunault, Christophe Bident, Christian Fierens&lt;a href='https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article302#1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#185;&lt;/a&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;avec aussi :&lt;/i&gt; Danielle Cohen-Levinas, Jean-Luc Nancy&lt;a href='https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article302#2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#178;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Nancy, Jean-Luc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot267" rel="tag"&gt;Bident, Christophe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot412" rel="tag"&gt;Blanchot, Maurice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1173" rel="tag"&gt;Cohen-Levinas, Danielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1455" rel="tag"&gt;Hunault, Claudine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?mot1456" rel="tag"&gt;Fierens, Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;0&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:40px&#034;&gt;Je n'&#233;tais pas seul, j'&#233;tais un homme quelconque. Cette formule, comment l'oublier ?&lt;br&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Maintenant, c'est maintenant que je parle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Blanchot, Le Tr&#232;s-Haut, dans la collection L'Imaginaire/Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je parle ici de Sorge et je parle de Blanchot, sans instaurer pour autant un quelconque rapport biographique entre eux. Etrangement, l'indiff&#233;rence ne va pas sans ent&#234;tement, celui de Sorge qui est aussi l'ent&#234;tement de l'&#233;criture. L'indiff&#233;rence les contraint au respect de la d&#233;liaison qu'ils ont choisie ; l'indiff&#233;rence exige d'eux et leur impose de conna&#238;tre avec pr&#233;cision les objets et les rencontres qu'ils d&#233;laissent. L'&#233;criture r&#233;alise en elle-m&#234;me l'exp&#233;rience de Sorge. La po&#233;tique de Blanchot est cr&#233;ation du sens et elle s'attaque dans &lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt; &#224; l'obsession de faire sens ou de ce que la vie fasse sens &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claudine Hunault, &#171; Des choses absolument folles &#187; Une lecture du roman Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;1&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;br&gt;Claudine Hunault &lt;i&gt;&#171; Des choses absolument folles &#187;&lt;/i&gt; Une lecture du roman &lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt; de Maurice Blanchot&lt;br&gt;&#8195;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De ce &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; &#171; quelconque &#187; parlons-en, &lt;i&gt;rien&lt;/i&gt; qu'&lt;i&gt;un&lt;/i&gt; peut, examinons ce qu'&lt;i&gt;Il&lt;/i&gt; peut : &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Revenons vers ce qui bat sous les crayonn&#233;s de la surface. Rien comme dehors est l&#224;, mena&#231;ant toute intimit&#233; d'&#234;tre expos&#233;e &#224; ce qui la nie. Aucune protection n'est plus susceptible de tenir, d'o&#249; l'impression si forte, dans &lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt;, de portes qui ne gardent d'aucun danger, de solitudes qui ne pr&#233;servent d'aucun engloutissement dans les foules, de d&#233;sirs qui n'&#233;loignent d'aucun meurtre, de g&#233;n&#233;rosit&#233; d'un regard qui n'exclut aucune torture, de parole qui n'assure plus contre aucune trahison. Rien est l&#224;, dans la porte ouverte &#224; deux battants d'une chambre. Exposition radicale de l'&#234;tre. Il faut insister sur ce point, la perception de rien n'est pas la jouissance d'une compr&#233;hension r&#233;v&#233;l&#233;e, illuminant de son n&#233;ant un sujet qui en retirerait un surcro&#238;t d'identit&#233;. Rien est sans &#233;piphanie, et dans le champ de son magn&#233;tisme s'ouvrent les r&#233;gions de grande vuln&#233;rabilit&#233;. A profusion se creuse le vide sans promesse ni r&#233;tribution d'aucune sorte. Ce vide n'est pas sans force ni sans s&#233;duction, tant un changement profond des rapports appara&#238;t possible &#224; son contact, une rupture des cercles familiers de renfermement. Rien s'offre dans l'&#233;quivoque soutenue de n'&#234;tre jamais approch&#233;. Le commerce avec rien exige l'indiff&#233;rence de celui que l'oubli de soi et de son histoire ne diminue pas. L'indiff&#233;rence en question est celle qui requiert une attention en &#233;veil sur ce qui le concerne de si pr&#232;s et dont il parle comme s'il y &#233;tait tout &#224; fait indiff&#233;rent et cette indiff&#233;rence est la condition de son inscription dans le monde. Ou, elle est indispensable au maintien de son existence parmi ses semblables &#187; (&lt;i&gt;Des choses absolument folles &lt;/i&gt;, p. 54.). &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'un des passages, parmi les plus forts, et il en est bien d'autres, du tr&#232;s prenant ouvrage de Claudine Hunault, qui &#233;pouse &#224; la fois la narration blanchotienne, dans sa virtuosit&#233;, ses plis r&#233;flexifs, ses trouvailles lexicales, ses mille &#233;quivoques, son humour inflexible, ses &#233;chapp&#233;es fantastiques, son inexorable d&#233;construction d'une m&#233;taphysique qui aura administr&#233; la preuve de sa folie (nous sommes au sortir de la guerre, c'est dans un texte tout proche que se dira la &#171; conversion &#187; de Blanchot : &lt;i&gt;je cessai d'&#234;tre insens&#233;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;La Folie du jour&lt;/i&gt;). Publi&#233; dans la collection Lire en psychanalyse, aux &#233;ditions EME (Bruxelles) &lt;i&gt;Des choses absolument folles &lt;/i&gt;prend fort judicieusement son titre dans cet aper&#231;u familial :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma m&#232;re &#233;tait maintenant quelqu'un d'autrefois, une personne monumentale, qui pouvait m'entra&#238;ner &#224; des choses absolument folles. La famille, c'&#233;tait cela. Le rappel des temps ant&#233;rieurs &#224; la loi, un cri, des paroles brutes venues du pass&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci, page 11, de l'&#233;dition L'Imaginaire/Gallimard, &#224; laquelle le lecteur ne manquera pas de se r&#233;f&#233;rer (les pages cit&#233;es par Claudine Hunault se rapportent &#224; cette &#233;dition). &#192; cet &#233;gard, il semble difficile de ne pas avoir connaissance du livre de Maurice Blanchot pour tirer profit des travaux de sa lectrice. Qui y viendrait maintenant, vivra une double exp&#233;rience de lecture, une double ouverture, l'une sur l'oeuvre de Blanchot romancier, une exp&#233;rimentation unique, l'autre du c&#244;t&#233; de la psychanalyse et plus particuli&#232;rement du c&#244;t&#233; du champ lacanien. Il ne faut pas omettre la rencontre d'une artiste, actrice, metteur en sc&#232;ne de son m&#233;tier, qui noue ici deux champs de r&#233;flexion, les liant &#224; son propre questionnement d'artiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ceci, p. 25 de &#171; Des choses absolument folles &#187; : &#171; J'&#233;voque l'acte de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, se traduisant par une &#233;criture, la mise en jeu du corps affront&#233;e aux apories de la communication, s'essayant au discours qui ne serait pas du semblant, dans l'illimit&#233; du langage &#8212; on pourrait ainsi y lire le dit d'un corps-&#224;-corps avec le texte de Blanchot, de sa mise en sc&#232;ne, gr&#226;ce &#224; la prise en vue (ses descriptions), en voix (ses dialogues) qu'autorise l'exp&#233;rience de la psychanalyse, telle qu'elle se vit, telle qu'elle se lit et ainsi se dit. Justifions :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une tr&#232;s &#233;trange sc&#232;ne dans la chambre de Louise s'associe au corps &#224; corps de Sorge et de Jeanne. Elle se situe en amont, dans le r&#233;cit, et elle semble en annoncer la possibilit&#233;. C'est encore un effet de l'&#233;criture de Blanchot que des fragments de sc&#232;ne viennent s'associer et faire sens en dehors, voire en d&#233;pit, de leur agencement chronologique. D&#233;j&#224;, au moment de la lecture, certaines sc&#232;nes donnent soudain la sensation que ce qui a lieu s'est d&#233;j&#224; pass&#233; &#224; un autre endroit et dans une configuration tr&#232;s diff&#233;rente ou que quelque chose tra&#238;ne d'un &#233;v&#233;nement ant&#233;rieur, une odeur, une &#233;motion en arri&#232;re plan, &#231;a ne se laisse plus ressaisir, pourtant &#231;a s'est d&#233;pos&#233; dans le lecteur et &#231;a r&#244;de dans un m&#233;lange d'&#233;tonnement et d'ent&#234;tement, tr&#232;s proche, &#224; mes yeux, des impulsions qui appellent, dans une s&#233;ance d'analyse, telle parole ou telle situation. L'&#233;criture de Blanchot, si on ne lui r&#233;siste pas, a une incidence analytique. Sans doute de multiples lectures sont-elles possibles ; il me semble que, dans une disponibilit&#233; particuli&#232;re, le lecteur est travaill&#233; par ce qui se cherche du sujet dans le personnage de Sorge et par les failles qui fissurent une coh&#233;sion initiale sur laquelle Sorge s'acharne. &#187; (&lt;i&gt;Des choses absolument folles&lt;/i&gt;, p. 125.)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne ? celle de la tapisserie mit&#233;e (l'image en &#233;tait vraiment folle), &lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt;, pp. 58-58 ; en langage du jour, mais aussi lacaniennement on dirait une fille dr&#244;lement barr&#233;e. Il s'agit de Louise, la soeur du h&#233;ros, Henri Sorge. Rappelons que celui-ci heideggeriennement nomm&#233;, est l'homme (le On) en souci de la Loi (l'ordre qui se doit de r&#233;gner). Relevant de cong&#233; maladie, peut-&#234;tre atteint d'&#233;pilepsie (se rappelle la d&#233;nomination &lt;i&gt;haut mal&lt;/i&gt;). Son r&#233;cit d&#233;crit une sorte de parabole allant de la quelconquerie initialement formul&#233;e &#224; la prise en je dans la parole, souverainet&#233; au prix d'une certaine mort. Pour aller de l'une &#224; l'autre, la philosophie du &#034;h&#233;ros&#034; s'essaiera dans la rencontre de proches (m&#232;re, soeur, beau-p&#232;re, voisin, voisine, chef de service, infirmi&#232;re) dans la proximit&#233; des corps, de la violence qu'elle entra&#238;ne. Toutes ces variations sont particuli&#232;rement mises en &#233;vidences dans trois chapitres. Le premier : &lt;i&gt;Une femme sans reste ? Marie ou la loi &#224; m&#234;me la peau&lt;/i&gt; (n'omettons pas son nom : Scadran, ce cadran comme le rel&#232;ve Claudine Hunault. Le second : &lt;i&gt;Les corps de la loi, Sorge et Bouxx, l'endroit et l'envers de la loi &lt;/i&gt;(Bouxx, m&#233;decin r&#233;voqu&#233;, pr&#233;parerait la r&#233;volution). Enfin, &lt;i&gt;&#171; Quelque chose de criminellement ancien &#187; Jeanne et Louise, des femmes adoss&#233;es au tombeau&lt;/i&gt;. c'est l&#224; sans doute que l'on est le plus proche de Bataille, et l'on pourrait voir (Jacques Br&#233;mondy le fit autrefois) dans Sorge un pendant de &lt;i&gt;Madame Edwarda&lt;/i&gt;, puisque c'est Jeanne l'infirmi&#232;re, qui reconna&#238;t en lui &lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans l'analyse de Claudine Hunault, une mani&#232;re d'&#233;pouser progressivement la mont&#233;e de la r&#233;v&#233;lation du Tr&#232;s-Haut, avec tout d'abord une forme de contextualisation apport&#233;e par les deux premiers chapitres : &lt;i&gt;D'un coup de poing au coup de feu&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;La maladie ou le lieu de la perception folle Des temps de tr&#232;s haut risque&lt;/i&gt;, tandis qu'apr&#232;s la confrontation de Sorge avec ses autres, le constat que &lt;i&gt;L'&#233;pid&#233;mie est ce qui nomme la haine du d&#233;sir&lt;/i&gt;, on parvient aux conclusions : &lt;i&gt;Plonger dans l'ombre de Dieu, La cr&#233;ation orpheline&lt;/i&gt; d'une part et en fin &lt;i&gt;La parole et la mort&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa claire pr&#233;face, qu'il est toutefois recommand&#233; de relire une fois l'essai lu, Christian Fierens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire, &#224; propos de Christian Fierens, et concernant son livre &#034;Comment (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, psychanalyste, directeur de la collection met en &#233;vidence comment le recours &#224; l'outillage conceptuel lacanien ne consiste pas &#224; s'emparer d'une sorte de grille de lecture et &#224; l'appliquer &#224; un r&#233;cit o&#249; elle pourrait trouver convenance. Rarement mise en &#233;vidence, l'attention et l'admiration r&#233;ciproque des deux penseurs n'en a pas moins &#233;t&#233; r&#233;elle et profonde. Le lecteur de &lt;i&gt;L'&#201;criture du d&#233;sastre&lt;/i&gt; en rep&#233;rera les traces dans la triple r&#233;currence de (Une sc&#232;ne primitive ?). On rappellera aussi leur attention commune &#224; l'&#233;criture de Sade, ou &#224; celle de Marguerite Duras. Christophe Bident dont on sait toute l'attention &#224; l'oeuvre de Blanchot&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Est-il besoin de rappeler Maurice Blanchot, partenaire invisible, aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, titre d'ailleurs son avant-propos : &#171; Lacan avec Sade &#187;. C'est souligner que la sorte de lecture suivie que nous donne Claudine Hunault n'est pas, selon l'expression de celle-ci, sans d&#233;busquer les points aveugles que rec&#232;le l'ouvrage, et que pour cela se livrer au texte de Blanchot aujourd'hui invite aussi &#224; sensibiliser &#224; la d&#233;marche analytique, telle que la promeuvent les &#233;coles issues de l'enseignement de Lacan, et qu'elles poursuivent face aux men&#233;es qui s'essaient &#224; la d&#233;naturer ou &#224; la rendre m&#233;connaissable. C'est donc &#224; une lecture impliqu&#233;e qu'est invit&#233; le lecteur, le texte qui lui est propos&#233; en &#233;tant une, et du meilleur aloi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je ne donnerais que cet exemple, mais c'est Blanchot, c'est Lacan et enfin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chemin de lecture faisant, j'ai retrouv&#233; une autre sc&#232;ne, dont la cl&#233; d'interpr&#233;tation qu'elle offre ne fait aucunement nombre avec ce qui vient d'&#234;tre dit. R&#233;sumons-la dans cette phrase : &#171; Je ne travaille pas aujourd'hui &#187; (&lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt;, p. 38, bis repetita p. 39), on lira le d&#233;veloppement que lui r&#233;serve avec justesse Claudine Hunault aux pp. 84-86 de son livre et ce qu'elle en conclut : &#171; &#192; son insu, il &#233;prouve d&#233;j&#224;, &#224; travers l'&#233;coeurement qui le saisit, la limite mortif&#232;re de la totalit&#233; de soi comme totalit&#233; du monde &#187; (86). Je crois bien que Gis&#232;le Berkman parlerait ici d'&lt;i&gt;effet-Bartleby&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le titre de l'essai de Gis&#232;le Berkman aux &#233;ditions Hermann (collection (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et on sait la place qui revient &#224; Blanchot (deux chapitres dont le premier) dans le livre o&#249; elle interroge quelques commentaires philosophiques de la nouvelle de Melville, en pointant tout particuli&#232;rement concernant Blanchot qu'il parle de &lt;i&gt;Bartleby l'&#233;crivain&lt;/i&gt;...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur pourra aussi se reporter aux pages 119 et suivantes du &lt;i&gt;Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt;, on y lit Blanchot lecteur de Kafka, on y saisit aussi pourquoi il aura fait de Bartleby un embl&#232;me de sa propre dissidence :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:40px&#034;&gt;&#171; &#8212; C'est tout ? Vous voulez que je signe ? Non ? Qu'allez-vous faire de ce document ? &lt;br&gt;
Je le gardai dans la main, je ne le lisais pas, et pourtant quel changement ! Les lettres s'&#233;clairaient, scintillaient : sur elles s'allumaient mille autres signes, des phrases de toutes sortes, des tournures honteuses, despotiques, des enjolivures d'homme ivre, des cris de b&#234;te fauve, et de toute cette d&#233;bauche la loi formait une sentence sans d&#233;faut, d&#233;finitive, un ciel irr&#233;futable pour tous. &lt;br&gt;
&#8212; Qu'avez-vous ? dit-il. Qu'y a-t-il ? &lt;br&gt;
&#8212; Oui, dis-je, ce texte vient de me br&#251;ler les doigts. A pr&#233;sent, il se d&#233;colore. Mais je ne m'en s&#233;parerai pas ; je le conserverai comme un talisman ; ce sera un talisman contre moi, une preuve qui perp&#233;tuellement me donnera tort. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bataille dirait ici que la litt&#233;rature plaide coupable. Nous sommes-nous &#233;loign&#233;s du travail de Claudine Hunault ? Certainement pas, elle &#233;crit d'ailleurs un peu plus loin relativement &#224; la sc&#232;ne de vol dans le m&#233;tro :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sorge vient s'inscrire &#224; cette place-l&#224;, une place d'exception qui est aussi celle de l'&#233;crivain, du po&#232;te, celle de l'artiste en g&#233;n&#233;ral quand il d&#233;cide que son acte ne donne pas quittus au pouvoir et qu'il en fait &lt;i&gt;une salve contre l'habitude&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crivons-le, c'est aussi comme une salve contre l'habitude que s'inscri(ven)t &lt;i&gt;Des choses absolument folles&lt;/i&gt; et il faut en remercier son auteure.&lt;/p&gt;
&lt;div align=right&gt;&lt;a href='https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article302' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&amp;uarr;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;2&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;br&gt;Danielle Cohen-Levinas, &lt;i&gt;Qui est comme Dieu&lt;/i&gt; suivi de &lt;i&gt;R&#233;pons&lt;/i&gt; de Jean-Luc Nancy &lt;font size=1&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Danielle Cohen-Levinas, Qui est comme Dieu suivi de R&#233;pons de Jean-Luc (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/font&gt;&lt;br&gt;&#8195;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai que la collection &#171; L'Extr&#234;me Contemporain &#187; aux &#233;ditions Belin est souvent rep&#233;r&#233;e comme une collection d'essais de haut vol, dirig&#233;e par Michel Deguy elle est tout autant une collection de po&#233;sie, et soulignons, &#224; l'instigation certainement de son fondateur, de po&#233;sie dont on peut dire qu'elle pense.&lt;br&gt;
Ainsi r&#233;unit-elle deux philosophes, amis qui plus est, auxquels l'art n'est pas &#233;tranger, la premi&#232;re &#233;tant une musicologue r&#233;put&#233;e, le second a &#233;crit de nombreux livres concernant plut&#244;t des plasticiens, voire a assur&#233; le commissariat d'expositions. Le po&#232;me n'est &#233;tranger ni &#224; l'un ni &#224; l'autre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Danielle Cohen-Levinas a publi&#233; au Mercure de France, Un bruit dans le bruit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'une, Danielle Cohen-Levinas, a adress&#233; &#224; l'autre, Jean-Luc Nancy, un po&#232;me &#224; tonalit&#233; de psaume, pour lequel c'est de r&#232;gle &#224; l'office, il a, comme de juste, compos&#233; des r&#233;pons, sans omettre de dire l'antienne :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:40px&#034;&gt;Cette mesure, ce refrain, / Cette rengaine, cette antienne, / Basse tr&#232;s continue / Qui ne veut pas cesser / De r&#233;sister toujours / &#192; tout propos / &#192; toute parole et langue / &#192; tout po&#232;me &#224; toute prose, &lt;br&gt;
&lt;p&gt;Retours r&#233;guliers de la main qui pince / Les lani&#232;res de cuir, les longs boyaux effil&#233;s, / Retours qui te font entendre les heures battantes / Juste le temps serr&#233;, la dur&#233;e ramass&#233;e, rassembl&#233;e / En une seule pulsation des l&#232;vres &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans d&#233;faut d&#233;faillante / D&#233;faite et tr&#232;s fid&#232;lement d&#233;fiante. (73)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de &lt;i&gt;Qui est comme Dieu&lt;/i&gt;, la clausule (XIV) avoue :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:40px&#034;&gt;Une ombre passe, / me tend un bout de papier chiffonn&#233; sur lequel est &#233;crit :&lt;br&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je ne voulais pas devenir psaume, je voulais &#234;tre po&#232;te&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est peu de dire que Danielle Cohen-Levinas, est proche de - par la sensibilit&#233; - , conna&#238;t - dans sa dimension conceptuelle - , l'oeuvre et la personne de Jean-Luc Nancy : ce fut il y a peu la co-organisation avec Gis&#232;le Berkman de rencontres autour du philosophe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Figures du dehors. Autour de Jean-Luc Nancy, vient de para&#238;tre aux &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et tr&#232;s r&#233;cemment un entretien sur les ouvrages consacr&#233;s &#224; la d&#233;construction du christianisme : &lt;i&gt;La D&#233;closion&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Adoration&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans La revue des deux Mondes, septembre 2010 : Un reste de christianisme. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souffle de tout cela passe manifestement dans l'&#233;criture po&#233;tique de la sorte de psaume (&lt;i&gt;a psaum is a psaum is a psaum&lt;/i&gt;) qui nous est donn&#233; &#224; lire, si ce n'est, reste &#224; chanter. Citer Paul Celan a m&#232;nera &#224; en citer quelques autres, tel soir d'hiver de Trakl, tandis que d'H&#246;lderlin il serait cens&#233; ne rien arriver, si ce n'est la folie du po&#232;me. Il y a en effet tout au long du dialogue intime auquel se m&#234;lent parfois d'autres voix (le grand po&#232;me biblique assur&#233;ment), comme une le&#231;on d'imminence et de retenue &#224; la fois dans l'attente, qui fait que le &#034;po&#232;me&#034; &#233;crit aussi, ainsi, sa propre po&#233;tique, et que le lecteur convi&#233; ainsi &#224; &#234;tre &#034;de po&#232;me&#034; (62), constatant, c'est &#224; la fois sa ritournelle et son &#233;l&#233;gie que &#034;ce que le po&#232;me ne pourra plus, le psaume le pourra&#034;. Ainsi va, est all&#233;, ira &lt;i&gt;Psalm&lt;/i&gt;, jusqu'&#224; nous, ultime souffle sur les mots, afin d'emp&#234;cher les corneilles de d&#233;chirer le ciel.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait encore qu'&#224; la question : &lt;i&gt;Pourquoi cette nuit fut-elle diff&#233;rente de toutes les autres ? &lt;/i&gt;il sera ici r&#233;pondu :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;margin-left:40px&#034;&gt;Cette nuit-l&#224;, il ne serait pas exact de dire que j'ai prononc&#233;&lt;br&gt;
le silence du psaume&lt;br&gt;
J'ai prononc&#233; le silence plein d'attente que &lt;br&gt;
mon psaume&lt;br&gt;
&#8212; tu sais, celui&lt;br&gt;
que tu as lu et dont tu as parl&#233; &#8212;&lt;br&gt;
aurait d&#251; interrompre&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai connu que cette attente et rien d'autre. (72)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au bas de la page du dernier po&#232;me (73), il est pr&#233;cis&#233; que ce texte au nom d'archange a fait l'objet en 2010 d'une publication confidentielle aux &#233;ditions L'Impossible &#224; Montr&#233;al. Sans doute fallait-il d'abord qu'il f&#251;t recueilli, accueilli par des oreilles amies, qui s'y entendent, pour que &lt;i&gt;Qui est comme Dieu&lt;/i&gt; nous parvienne aujourd'hui, formant &#224; sa d&#233;licatesse qui sera pr&#234;t &#224; l'accueillir, et le tout premier, celui dont il est rappel&#233; qu'il aime les pens&#233;es d&#233;rob&#233;es (25), nous convie &#224; la suite, &#224; inscrire (excrire ?) nos propres r&#233;pons.&lt;/p&gt;
&lt;div align=right&gt;&lt;a href='https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article302' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&amp;uarr;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maurice Blanchot, &lt;a href=&#034;http://www.gallimard.fr/Gallimard-cgi/Appli_catal/fs_detail.pl?nutitre=10001772&amp;fctx=1339857656&amp;loa=1&amp;nuauteur=259&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, dans la collection L'Imaginaire/Gallimard, respectivement aux pages 9 et 243, l'incipit et la clausule !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claudine Hunault, &lt;a href=&#034;http://www.eme-editions.be/product.php?id_product=47357&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Des choses absolument folles &#187;&lt;/i&gt; Une lecture du roman &lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt; de Maurice Blanchot&lt;/a&gt;, aux &#233;ditions EME, collection Lire en psychanalyse, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. ceci, p. 25 de &lt;i&gt; &#171; Des choses absolument folles &#187;&lt;/i&gt; : &#171; J'&#233;voque l'acte de cr&#233;ation en tant qu'il me concerne, l'acte d'&#233;crire et aussi l'acte de l'actrice et du metteur en sc&#232;ne que je suis sur une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre ; or si Blanchot parle avec une telle acuit&#233; vers cette r&#233;gion-l&#224;, de la cr&#233;ation, c'est que &lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt; est l'histoire de la cr&#233;ation d'un sujet, appel&#233; Sorge, et s'il s'agissait d'une l&#233;gende ancienne, on pourrait lire en sous-titre : comment il advint qu'un homme en souci de sa personne, traversant sous couvert de maladie le fantasme, se d&#233;couvrit peu &#224; peu sujet et comment il advint qu'&#224; la derni&#232;re ligne du r&#233;cit il d&#233;cida de prendre la parole &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; lire, &#224; propos de Christian Fierens, et concernant son livre &#034;Comment penser la folie ? essai pour une m&#233;thode&#034;, Eres, 2005, &lt;a href=&#034;http://www.oedipelesalon.com/invite/plus/c_fierens.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette pr&#233;sentation&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Est-il besoin de rappeler &lt;a href=&#034;http://www.champ-vallon.com/Pages/Pagesdetours/Bident.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Maurice Blanchot, partenaire invisible&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, aux &#233;ditions Champ Vallon, &lt;i&lt;Reconnaissances &lt;/i&gt; (2003) &#8212; lire cette &lt;a href='https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article116' class=&#034;spip_in&#034;&gt;chronique&lt;/a&gt; &#8212; l'&#233;dition avec Pierre Vilar de &lt;a href=&#034;http://www.leoscheer.com/spip.php?article296&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Maurice Blanchot, R&#233;cits critiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Farrago, Leo scheer, 2004, et aux &#233;ditions Gallimard celle des deux volumes recueillant les articles de critique de Maurice Blanchot : &lt;a href=&#034;http://www.gallimard.fr/gallimard-cgi/Appli_catal/fs_detail.pl?fctx=1339858285&amp;loa=1&amp;nutitre=10060344&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chroniques litt&#233;raires du &#171; Journal des D&#233;bats &#187;. Avril 1941 - ao&#251;t 1944&lt;/a&gt; (en 2007) puis &lt;a href=&#034;http://www.gallimard.fr/gallimard-cgi/Appli_catal/fs_detail.pl?fctx=1339858285&amp;loa=1&amp;nutitre=10067427&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Condition critique, 1945-1998&lt;/a&gt;, en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je ne donnerais que cet exemple, mais c'est Blanchot, c'est Lacan et enfin Claudine Hunault qui nous le donnent, &#224; relire les pages 195 sq. du &lt;i&gt;Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt; :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne avance par une succession de passages : la femme dans la lumi&#232;re, l'homme regarde l'ombre, le soleil d&#233;cline, l'ombre dispara&#238;t, la femme se d&#233;place, il se d&#233;place, il la cherche. Sorge fixe l'ombre de Jeanne, comme s'il avait pouvoir d'immobiliser son corps, emp&#234;chant ses mouvements, retardant le fatum. Il la fixe en lui aussi comme transgression &#224; venir. Il fixe l'ombre aux pieds de la femme de sorte que le jour ne puisse rien changer &#224; leurs rapports : &#171; comme si nous n'avions pas eu de rapports du tout &#187; (195). Les corps ici ne supportent aucun rapport, la seule repr&#233;sentation imaginable &#233;tant celle de la sc&#232;ne primitive. Cette s&#233;quence est une mise en sc&#232;ne avant la lettre, celle de Lacan, du non rapport sexuel. Cela se passe du c&#244;t&#233; du bruit et du chaos. &lt;br&gt;
Le fantasme est pouss&#233; &#224; son terme, d'une sc&#232;ne qui, parce qu'elle n'est pas sc&#233;naris&#233;e, se d&#233;sagr&#232;ge sans produire aucune &#233;motion. L'affrontement est engag&#233; comme un viol, jeter la femme sur le lit, arracher sa robe - elle ne r&#233;siste pas &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; il lui arrache sa robe. C'est lui qui r&#233;clame la lutte, &#171; elle accepta la lutte &#187;. Ce n'est ni une sc&#232;ne d'amour, ni le jeu excitant des sexes. C'est la mise en acte de l'impossibilit&#233; du rapport sexuel. L'absence de l'amour dans &lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt; est totale. Ou plut&#244;t, l'imminence de l'amour serait si pr&#233;gnante qu'il est tenu &#224; distance avec une m&#233;fiance et une rage peu communes. L'amour, parole de l'&#234;tre depuis sa solitude, est par d&#233;faut terriblement pr&#233;sent, il est danger d'une jouissance susceptible de verser dans le plaisir. &lt;br&gt;
&lt;i&gt;Des choses absolument folles&lt;/i&gt;, p. 121.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le titre de l'essai de Gis&#232;le Berkman &lt;a href=&#034;http://www.editions-hermann.fr/ficheproduit.php?lang=fr&amp;menu=&amp;ref=Fictions+pensantes+L'effet+Bartleby.+Philosophes+lecteurs&amp;prodid=926&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;aux &#233;ditions Hermann&lt;/a&gt; (collection Fictions Pensantes). Son sous-titre : Philosophes lecteurs. Ceux-ci : Blanchot, Derrida, Deleuze, Badiou, Ranci&#232;re, Agamben. Issu d'un s&#233;minaire au Coll&#232;ge international de Philosophie, le livre, on s'en doute, est bien plus qu'un passage en revue, m&#234;me si l'inventaire en est indispensable, des positions de ces lecteurs &#224; l'&#233;gard de la fascinante nouvelle de Melville. Il lui revient d'avoir mis en lumi&#232;re l'effet singulier que la litt&#233;rature y a produit sur la philosophie, ce texte en &#233;tant devenu la pierre de touche, et en alertant sur ce qui pourrait en &#234;tre l'&#233;puisement face au nouveau paradigme. Ici la r&#233;activation de la vis psychanalytica, via &lt;i&gt;Le Tr&#232;s-Haut&lt;/i&gt; par Claudine Hunault rejoint le propos de Gis&#232;le Berkman.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Danielle Cohen-Levinas, &lt;a href=&#034;http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-qui-est-comme-dieu-17540.php?lst_ref=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Qui est comme Dieu&lt;/i&gt; suivi de &lt;i&gt;R&#233;pons&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Jean-Luc Nancy, &#233;ditions Belin, collection L'Extr&#234;me Contemporain, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Danielle Cohen-Levinas a publi&#233; au Mercure de France, &lt;a href=&#034;http://www.mercuredefrance.fr/livre-Un_bruit_dans_le_bruit-9782715224452-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Un bruit dans le bruit&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pr&#233;c&#233;d&#233; de &lt;i&gt;La tristesse du Roi&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Soleil est grammatical &lt;/i&gt;, tandis que Jean-Luc Nancy s'est fait le r&#233;pondant (d&#233;j&#224;) de Virginie Lalucq dans &lt;i&gt;Fortino Samano&lt;/i&gt; (v. cette &lt;a href='https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article162' class=&#034;spip_in&#034;&gt;recension&lt;/a&gt;) ; il est &#233;galement l'auteur de postfaces &#224; des recueils comme &lt;i&gt;M&#233;t&#233;oriques&lt;/i&gt; de G&#233;rard Haller, ou &lt;i&gt;Derni&#232;re mode familiale&lt;/i&gt; de Philippe Beck.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://encd.fr/crbst_59.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Figures du dehors. Autour de Jean-Luc Nancy&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, vient de para&#238;tre aux &#233;ditions nouvelles C&#233;cile Defaut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans La revue des deux Mondes, septembre 2010 : &lt;a href=&#034;http://www.revuedesdeuxmondes.fr/user/details.php?code=28509&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un reste de christianisme&lt;/a&gt;. &lt;br&gt; De cet entretien je rel&#232;ve cette r&#233;ponse &#224; une question surgie d'une page de &lt;i&gt;L'Adoration&lt;/i&gt; (191) citant un court dialogue de Temple et de Nancy (les h&#233;ro&#239;nes de Faulkner) :&lt;br&gt; Avoir foi, au contraire, et surtout avoir foi &#171; en &#187; plut&#244;t qu'&#171; &#224; &#187; , c'est se vouer &#224; de l'inconnu. C'est risquer l'inconnu comme tel. Le &#171; je crois &#187; de cette Nancy veut dire : je ne sais rien de ce qu'il pourrait y avoir dans le genre d'un &#171; ciel &#187;, ni s'il y a quelque chose de ce genre, mais en disant que &#171; je crois &#187; j'ouvre pr&#233;cis&#233;ment la dimension que d&#233;signe &#171; ciel &#187; et qui est l'autre du monde au-dessus du monde (certes, en anglais &lt;i&gt;heaven&lt;/i&gt; se distingue de &lt;i&gt;sky&lt;/i&gt;, bien qu'il y ait des interf&#233;rences entre les deux). Le dehors, en somme, dont par d&#233;finition on ne peut rien savoir ni dire mais dans lequel on est, dans l'ouverture duquel on est et dans lequel on croit puisque pr&#233;cis&#233;ment on y est, on y est pris, on le sait sans aucun savoir, cela nous pr&#233;c&#232;de et nous exc&#232;de. Pour revenir &#224; votre question sur le catholicisme, je dirais volontiers que c'est ce dernier qui a su - dans le moment ou l'espace d'&#233;quilibre mince, fragile dont je parlais - tenir cette &#171; foi &#187;, celle qu'on a fort mal nomm&#233;e &#171; foi du charbonnier &#187; comme si c'&#233;tait la cr&#233;dulit&#233; de l'ignorant. La foi comme un &#234;tre-d&#233;j&#224;-dans-l'ouvert et sans souci de gr&#226;ce ou de salut puisque gr&#226;ce et salut sont pr&#233;cis&#233;ment l'ouvert, le dehors faisant irruption. Aucun rapport avec une esp&#232;ce de conviction acquise par r&#233;flexion ou par m&#233;ditation, par p&#233;n&#233;tration d'arguments ou d'avis, d'avertissements, de raisons quelconques. Aucune supputation sur un ciel de r&#233;compense ou de vie &#233;ternelle. Non, l'&#233;ternit&#233; d&#233;j&#224; &#171; retrouv&#233;e &#187;, comme dit Rimbaud. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos recensions de ces livres : &lt;a href='https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article82' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La D&#233;closion&lt;/a&gt;, 25 avril 2005 et &lt;a href='https://lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article106' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'Adoration&lt;/a&gt;, 15 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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